" Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin "
" Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin "
Il existe de très nombreux ouvrages sur les sujets qui nous intéressent. On ne compte plus les livres sur le Tai ji quan, le Qi gong, des biens, des moins biens, des pavés, des fumeux…
Il y a un tout petit ouvrage qui mérite le détour, sans prétention, il propose quelques réflexions :
Les "101 réflexions sur le taichi chuan" (Tai Ji Quan en pinyin je le rappelle...) sont parues aux éditions budo, il y a déjà un certain temps, mais cela n’enlève rien des qualités de ce bref opuscule.
Ce petit livre de Michael Gilman, auteur par ailleurs des "108 clés du taichi" (tai ji en pinyin, je le rappelle...), est pratique :on peut l’emporter partout (dans sa voiture pour les embouteillages, au bureau pour la pause, sur la plage , en réunion à lire sous la table pour retrouver sa sérénité, en remuant sa sauce tomate pour méditer sur la circularité du mouvement…
Divisé en 101 paragraphes, il ne nécessite pas une lecture continue, on peut même aller au hasard des pages et choisir le chapitre qui nous attire. Les notions de yin/yang, centre de gravité, tension et respiration, rondeur... entre autres... y sont abordées.
Tout n'y est pas d'un intérêt majeur, mais certains chapitres ouvrent des pistes de réflexion, et c’est bien là le but.
Il faut se poser et prendre le temps de réfléchir sur sa pratique, sur ce que l’on y trouve (ou pas), ce que l’on en attend (ou pas).
Je sais qu’au début on est friand de lectures, on cherche des informations, on cherche à comprendre les choses qui nous échappent encore, et cette approche est logique, car nous cherchons toujours des explications pour tout.
Nous aimons rationaliser, décortiquer, catégoriser. Pourtant, les plus belles découvertes se font souvent hors des livres.
C’est en pratiquant « en conscience » que l’on peut faire des trouvailles !
Et bien sûr en échangeant avec d’autres pratiquants qui vont proposer des façons de faire ou de voir différentes.
Voilà donc un livre qui sera un bon point de départ pour vos propres recherches !
Bonne(s) réflexion(s) !🤔
🤔
"Le talon de la chaussette
ne couvre pas le haut du pied".
🧦
On le sait, c’est un art bien délicat que le tuishou. Il y a tout de même quelques fondamentaux à ne pas perdre de vue :
LES QUATRE ÉNERGIES DE BASE
Zhan – Coller/toucher
Zhan c’est adhérer à son partenaire comme de la colle adhère au papier. Quand le contact est fait, essayez de ne plus le perdre. Cela vous permettra de toujours savoir où est votre partenaire et sentir son intention., Restez détendu sur ce « coller », il ne doit pas devenir un « pousser »...
Nian – Collant/poisseux
Zhan et Nian ont des significations proches, mais ne sont pas exactement la même chose pourtant. C’est une question de point de vue. Zhan et Nian vont ensemble et alternent :Si vous êtes dans le Zhan, votre partenaire est dans le Nian (l’inverse est vrai et vice et versa… C’est un jeu à deux et non une simple « volonté » individuelle.
Lian – Continu
Des mouvements continus, des attaques continues, des énergies continues.
Tout est lié dans un flux continu. On maintient en permanence le lien, sans rupture quel que soit le contexte.
Sui – suivre
Sui c’est suivre votre partenaire. Allez avec lui, suivez le, il suffit d’aller là où l’on vous emmène et non de vouloir diriger une manœuvre quelconque. On reste relax. Si votre partenaire bouge, vous bougez, si il s’arrête, vous vous arrêtez.
On ne peut écouter son partenaire que si on se relâche, trop souvent on y met une « volonté d’action » qui pousse à la rupture ou qui casse le flux.
Coller c’est ce qui permet de sentir, si on perd le contact, si on rigidifie le contact, on perd les sensations. On n’utilise pas la force , on ne résiste pas.
Il faut savoir de quel type de tuishou on parle.
Lorsqu’on voit le tuishou de compétition, on se rapproche plus de la lutte chinoise que du tuishou initial, et pas de problème, si c’est ce qui vous plaît, allez-y ! Pour moi, cela reste très proche de l’externe et n’est plus assez interne, il s’agit d’autre chose et ce n’est pas ce tuishou-là qui m’intéresse .
Comme disait mon maître, Yuan Hong Hai, il n’y a pas de « gagner ou perdre » quand on pousse les mains. S’il y a une volonté de victoire, on est dans une autre démarche. Ce n’est pas forcément la plus intéressante pour nous. Petit Dragon envisage le tuishou comme une coopération, un jeu sans enjeu.
L’écoute est le but de la pratique des 4 énergies ci-dessus. Si on écoute bien (et si on s’entend bien…:😄), on sent les failles, les possibilités de pousser l’autre au déséquilibre avec un minimum d’effort. Il faut juste trouver LE bon moment.💡
Pour cette raison, avec le temps, je ne suis plus très fan des tuishou codifiés. Ils induisent une mécanique où le geste est un imposé, et comme chacun sait ce qu’il « doit » faire, on tourne dans le vide et non dans la conscience du mouvement. 🎡
On comprend bien pourquoi ces exercices ont été créés, mais finalement, je me demande s’ils ne sont pas contre-productifs et -paradoxalement- surtout pour les débutants, qui moulinent, en pilotage automatique en se racontant leur week-end. 😉
Certes, ces exercices permettent un apprentissage postural et la mise au point de certains réflexes, mais… il ne faut pas faire que ça !
Et il n’est pas superflu de pratiquer, dès le début un tuishou « libre », c’est à dire où les mouvements ne sont pas des imposés, mais sont aléatoires et où le seul but est d’appliquer les 4 énergies fondamentales.
C’est le corps qui « travaille » et non la tête. On est dans la sensation et non dans le raisonnement. Dévier, absorber, transformer, répondre au plein par le vide, tout cela se fait « naturellement », sans préméditation.
C’est une forme de non agir… pour mieux agir ensuite. L’action se fait toute seule dans le sens de la moindre résistance.
C’est la façon de voir du Petit Dragon, aujourd’hui. Il y a d’autres façons de voir et chacune correspond à un moment de vie, de pratique, à une personnalité.
Rien n’est fixe et défini une fois pour toute… (mini proverbe chinois?)
"La feuille tombée
retourne à sa racine"
Rien ne vaut un bon petit proverbe chinois, il y en a de tout poil, des sérieux, des curieux, des paradoxaux (les meilleurs!), des incompréhensibles (pour nous?), des moralisateurs, des longs, des courts…
Bref, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les circonstances. N’en abusez pas tout de même , cela pourrait lasser vos interlocuteurs…
Pour les amateurs de proverbes donc, il y a bien sûr internet, mais on peut se demander si tous sont bien des proverbes chinois… Pas sûr !
De toute façon, rien ne vaut un bon petit bouquin que l'on peut feuilleter, abandonner, reprendre... (et avec lequel on pourra éventuellement caler une table plus tard… il existe peut-être même un proverbe sur le sujet ? du genre :
« Un mauvais livre est bon pour une table bancale » ???).
Les recueils de proverbes sont nombreux, l'un d'entre eux s'intitule "Sagesse millénaire en quelques caractères" aux éditions You Feng.
Cet ouvrage collectif présente le proverbe en chinois et sa traduction et il précise, lorsque cela est possible son auteur et/ou le document d'où il est extrait. Ces indications ne se retrouvent pas toujours dans les recueils basiques.
Les proverbes sont classés par thèmes. Et à la fin, on peut trouver une chronologie des dynasties chinoises, ce qui n'est pas superflu... (pour les fans d’histoire !)
Et voilà: *tout petit, pas très cher, à emporter partout et à ne pas oublier n'importe où! Son étude vous permettra peut-être d'accéder à la Connaissance, car :
« Savoir qu'on sait, quand on sait,
Et savoir qu'on ne sait pas quand on ne sait pas,
C'est là la vraie connaissance. »
Entretiens Confucius II
Les proverbes chinois reposent souvent sur des images, des contradictions des expériences simples du quotidien et ils parlent facilement à l’esprit.
Bien sûr, ces 谚語 yànyǔ « proverbes » ou 俗語 súyǔ « dictons » sont pour nous des traductions, et nous y perdons certainement quelque chose en route. Mais, bon…
Cependant, les idées sont là et ces proverbes nous font réfléchir ou sourire, ou les deux :
« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. »
Il y a toujours, au-delà de la simplicité, un message à découvrir :
« Le dragon immobile dans les eaux profondes devient la proie des crevettes . »🦐
ou une valeur à trouver :
« La porte la mieux fermée est celle qui peut rester ouverte. » (confiance)
« Grimpez la montagne comme une personne agée pour atteindre le sommet comme un jeune. » (persévérance)
Ils transmettent souvent une sagesse héritée, une morale :
« Le professeur ouvre la porte, mais vous rentrez de votre propre chef. »
« Étudier le passé nous aide à comprendre le présent. »
« Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. »
NB:
*Il y en a bien d’autres livres, comme par exemple:
de Bernard Ducourant chez Albin Michel
De Patrice Serres aux Presses du Châtelet
ou encore
Proverbes chinois (pour réfléchir)
de Laurent Deburge chez OSKAR
(destiné aux enfants , les proverbes sont expliqués et même les « grands » y apprennent des chose !)
Bref, ce ne sont pas les livres qui manquent…
« Ouvre un livre, c’est lui qui t’ouvrira. »
📕📖
" Cent fois entendu
ne vaut pas une fois vu".
Histoire des Han
Il existe un enchaînement, que nous ne pratiquons pas dans notre école, mais qui représente la quintessence des principes et des techniques du tai ji quan .
Il comporte 13 mouvements.
Ces treize mouvements associent les huit gestes principaux/ huit potentiels (parer, tirer, presser, repousser, couper, séparer, donner un coup de coude, donner un coup d'épaule), aux cinq déplacements (vers l'avant, vers l'arrière, vers le droite, vers le gauche, rester au centre).
Comme toujours, il recèle aussi un sens symbolique -sinon, ce ne serait pas marrant.
Le chiffre huit est associé aux huit trigrammes (ba gua) du Yi JING ( le Traité des mutations, un des livres Classiques de la Chine).
Le chiffre cinq, quant à lui, est associé aux cinq mouvements de l'énergétique chinoise (eau, bois, feu, terre, métal).
Ces cinq mouvements ou « éléments » sont reliés à cinq déplacements :
« vers l'avant » pour le feu, « vers l'arrière » pour l'eau, « vers la droite » pour le métal, « vers la gauche » pour le bois, et « rester au centre » pour la terre.
Approches des 8 potentiels
Vous trouverez ici une présentation synthétique des 8 potentiels, tels que nous les définissons -brièvement 😀 .
Peng 掤 (p’ĕng)
Parer, embrasser, avoir la sensation d’être comme un ballon gonflé, toute pression le fait tourner sur lui-même autour de son centre.
C’est comme un bouclier qui protège qui nous protège. C’est ce qui , en contact avec un partenaire par ce potentiel, nous permet l’écoute tacite de l’autre.
L’énergie est sur l’extérieur de l’avant bras.
Les notions de rondeur, volume, absorption représentent le côté yin de ce potentiel. Le côté yang de Peng se manifeste par l’explosion, un rebond, on retrouve l’idée du ballon...🌍
La traduction habituelle est « Parer ». Le potentiel est expansif.
Lu 捋 (lǚ)
Tirer - je préfère « guider » à tirer : nous accompagnons la force existante, nous n’en appliquons pas une, nous guidons l’adversaire vers l’arrière, dans le vide, et utilisons sa propre force.
Le potentiel est attractif.
Ji 挤
Presser, percuter. Ji est souvent confondu avec Peng. Si Ji est correctement exécuté, il n'y a pas de rebond comme avec Peng, mais plutôt une attaque qui ébranle l’adversaire.
Le potentiel est propulsif ( une impulsion et une expansion en même temps !).
An 按 (àn)
Repousser d'une main ou des 2 mains. L’action de repousser est progressive et déracinante. La clé de ce mouvement est la légère bascule du bassin qui permet d’absorber d’abord et ensuite la détente de la jambe arrière sur la poussée.🧐L'image est celle de la vague qui recule avant de réavancer.
Le potentiel est impulsif
Cai 採 cǎi
On trouve souvent la traduction « cueillir » ou « couper » ou « tirer vers le bas ». On y trouve une idée de levier, de soudaineté de l’action. C’est peut-être un des potentiel les plus difficiles à appliquer et nombreuses sont les questions à son sujet. Le potentiel est extensif.
Lie 挒 liè
On le traduit par « séparer » ou « tordre », il y a l’idée de spirale, d’énergies appliquées en sens contraires pour déraciner par exemple ou pour casser (moins drôle!!)
Le potentiel est offensif.🤕
Zhou 肘 zhǒu
Traduit souvent par « donner un coup de coude », c’est utiliser son coude (mais aussi toute autre articulation saillante) pour percuter ou faire levier, etc…
Pas de surprise, le potentiel est percutant !
Kào 靠 (k’ào)
C’est l’action de donner un coup d’épaule , mais cela vaut aussi pour toute autre partie du corps qui percute ou pousse pour attaquer les bases de l’adversaire ou le propulser.
Le potentiel est heurtant (le bump…🕺)
Un peu de lecture pour aller plus loin , pour ceux qui aiment bien jouer avec la théorie….🙄🤔
Traité sur le taijiquan de Zhang Sanfeng
" Parer (Peng), tirer vers l’arrière (Lu), presser (Ji), repousser (An), cueillir (Cai), tordre (lie), donner un coup de coude (zhou) et donner un coup d’épaule (kao) représentent les huit trigrammes.
Avancer (Jin Bu), reculer (Tui Bu), se déplacer vers la gauche (Zuo
Gu), se déplacer vers la droite (You Pan) et se fixer au centre (Zhong Ding) correspondent aux cinq éléments.
Parer, tirer vers l’arrière, presser et repousser correspondent respectivement aux trigrammes Qian, Kun, Kan et Li ; ils représentent les quatre orientations cardinales.
Cueillir, tordre, donner un coup de coude et donner un coup d’épaule correspondent respectivement aux trigrammes Xun, Zhen, Dui et Gen, qui représentent les quatre orientations diagonales.
Avancer, reculer, se déplacer vers la gauche, se déplacer vers la
droite et se fixer au centre correspondent respectivement au Métal
(Jin), au Bois (Mu), à l’Eau (Shui), au Feu (Huo) et à la Terre (Tu).
Ces gestes représentent les treize mouvements."
Et bien sûr :
Extrait des « 8 portes et 5 déplacements »
de Yang Ban-Hou (fils de Yang Lu
Chan) :
"(...) Les 8 trigrammes [et donc les 8 potentiels] sont dissimulés dans les mouvements des mains et dans le déplacement des pieds conformément aux 5 éléments. Les mains et les déplacements, 8 et 5, donnent le chiffre 13."
Pour préciser et prendre en compte les variantes de traductions, voici un panel de possibilités. Il faut toujours éviter de rester sur une seule traduction et profiter des idées données grâce à cette variété de propositions qui peuvent nous aider à mieux appréhender des notions qui ne sont pas simples…
Péng 劲 : « Parer », « Esquiver », « Repousser » en un mouvement de ressort. « Creuser la poitrine et arquer le dos ».
Lŭ 擄 : « Rouler en arrière », « Tirer à soi », « guider vers l’arrière »
Jǐ 挤 : « Presser », « percuter »
Àn 按 : « Appuyer », « Pousser », « Repousser ».
Căi 采 : « Cueillir », « Saisir », « tirer vers le bas ».
Liè 裂 : « Séparer », « Fendre », « Déchirer », « Briser ».
Zhŏu 肘 : « coup de coude » « Percuter »
Kào 靠 : « s’appuyer contre », ou « s’appuyer sur », « propulser »
Le nombre 5, quant à lui, fait référence aux 5 déplacements des membres inférieurs (Wŭ Bù 五步), ceux ci se combinent avec les potentiels ci-dessus.
Pas en avant ou « avancer » (Jìn Bù 进步)
Pas en arrière ou « reculer » (Tuì Bù 退步)
Prendre garde à gauche / Se préoccuper de la gauche (Zuŏ Gù 左顾)
Regarder à droite (Yòu Pàn 右盼)
Équilibre central (Zhōng Dìng 中定)
"Il n'y a pas de rosée
qui ne mouille les souliers"
Du Fu (-prononcé « tou fou »… no comment !) (712-770) laissa derrière lui 1458 poèmes. Il y a donc de quoi lire… (Projet de vacances ?).
Ce confucianiste convaincu y exprime son aspiration à jouer un rôle politique dans le pays. Issu d’une famille de lettrés et pourtant recalé aux examens, il n’occupera que deux postes mineurs dans l’administration : il semble que son tempérament de poète ne le prédisposait pas à se plier aux contraintes qu’auraient exigées de grandes fonctions.
L’intérêt qu’il portait aux grands évènements historiques de son temps a valu à son œuvre le nom de « shishi », histoire en poèmes. Pour lui, le poète avait aussi un rôle social à jouer.
De nombreuses pièces poétiques évoquent la famille, l’histoire ancienne, la vie de tous les jours. Cet homme, rempli de compassion, parle des injustices, de la misère et en parle d’autant mieux qu’il vit lui-même ces choses.
S’adressant à l’Empereur, il dépeint clairement sa situation :
« Depuis la septième année de mon âge jusqu’à la quarantième que je cours à présent, je n’ai fait autre chose qu’étudier, lire, composer des pièces d’éloquence et faire des vers. J’ai acquis quelque réputation mais point de biens ; je suis dans la plus grande misère. Quelques herbes salées et un peu de riz font toute ma nourriture, tous mes vêtements consistent dans l’habit que j’ai sur le corps. Si Votre Majesté ne Se hâte d’y mettre ordre, elle doit S’attendre, au premier jour, à entendre dire que le pauvre Du Fu est mort de froid ou de faim ; Il ne tient qu’à Elle de S’épargner ce triste récit. »
Il eut gain de cause, mais n’en profita pas longtemps :
La révolte d’An Lushan, ce général qui mit en fuite l’Empereur Tang et fut tué par son propre fils peu de temps après... (le « tu quoque » chinois ?) mit un terme à cette brève période de bien-être.
Son style reste simple, sobre, direct, il donne vie à cette période mouvementée, où les combats séparent les familles,où la famine décime les populations et durant laquelle on assiste à la chute d’un empire brillant, celui des Tang.
Il a su atteindre une perfection technique telle que de nombreuses générations d’admirateurs ont tenté de l’imiter, mais n’ont pu l’égaler : il reste proche du quotidien, du réel, du familier. Il sait faire naître les émotions et toucher en choisissant les mots justes.
Condamné à l’errance, il mènera une vie qui sans aucun doute l’inspirera et qui explique la force de son réalisme. Il ne connaîtra une réelle aisance que lorsque le gouverneur de Chengdu le prendra sous son aile.
« Perspective printanière » est son œuvre la plus connue.
Le pays est brisé, monts et fleuves pourtant demeurent ; la cité est au printemps, l'herbe et les arbres sont profonds.
Ému par le temps, les fleurs semblent éclaboussées de larmes ; en haine de la séparation, les cris d'oiseau bouleversent le cœur.
Feux de guerre ininterrompus depuis trois mois ; une lettre de la maison vaut dix mille pièces d'or.
Cheveux blancs, que je gratte, ils s'amincissent encore ; presque, ils ne pourraient plus tenir l'épingle à cheveux.
Toujours en peu de mots les images surgissent et marquent l’esprit :
« Le départ des soldats et des chars de guerre » (Extrait)
… Les chars crient … Les chevaux soufflent ;
Les soldats marchent, sur leurs dos l’arc et les flèches.
Les pères, les mères, les enfants les accompagnent, courant confusément au milieu des rangs ;
La poussière est si épaisse qu’ils arrivent au pont de Hien Yang sans l’avoir aperçu ;
Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent, comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;
Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève jusqu’aux nuages. (…)
A découvrir...
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.
https://www.taijiqigongevreux.com/
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