« Quand le sage montre la lune, l’abruti regarde le doigt. »
« Quand le sage montre la lune, l’abruti regarde le doigt. »
Nous connaissons tous bien le petit déjeuner à la française... Souvent absent, lorsqu’il existe, il consiste le plus souvent en un café/thé, avec ou sans lait, une ou deux tartines, beurre, miel, confitures… ou céréales, jus de fruit, yaourt… pour les plus acharnés !
Notre petit déjeuner occidental comporte beaucoup « d’erreurs », du point de vue de la diététique.
La cuisine chinoise est plutôt bien pensée : La diététique traditionnelle chinoise, du haut de ses 2500 ans considère que plus l’aliment est cru, plus il est difficile à digérer. De plus, elle fonctionne selon le principe :
« Manger comme un prince le matin,
comme un roi à midi,
comme un pauvre le soir ».
(Alors que nous faisons le plus souvent exactement, l’inverse… ce qui n’est pas vraiment logique : nous n’avons pas besoin le soir de super calories pour aller… dormir)
Cela veut dire manger de façon légère, digeste, reconstituante le matin, grâce aux céréales qui auront la vertu de tonifier l’énergie, sans malmener le corps et nous pourrons ainsi attaquer la journée d’un bon pied (bon oeil!)
Mais alors que mange-t-on en Chine traditionnellement le matin ?
Pour commencer, les 5 conditions suivantes devraient être remplies:
– Être plus solide que liquide
– Contenir des protéines
– Contenir des fibres végétales
– Être le moins sucré possible
– Être appétissant et digeste
Voilà qui s’annonce bien, non ?
Il faut savoir que le but de ce premier repas de la journée est de nettoyer le système digestif, encrassé par une longue position horizontale durant la nuit.
Ceci explique qu’une bonne quantité de liquide devrait être ingurgitée. D’ailleurs, on peut commencer sa journée par un verre d’eau chaude : vu comme ça, ce n’est pas emballant… mais on peut y mettre un filet de jus de citron (qui perd son acidité une fois dans l’eau chaude et se digère donc bien).
Le liquide : chaud ou à température ambiante
Les Chinois choisissent le plus souvent le thé, puisque cette boisson est à la fois tiède (donc ne demandant pas trop d’énergie pour être réchauffée par le tube digestif) et de nature fraîche (éliminant ainsi les inflammations éventuelles).
Les jus de fruits (de nature froide et acides) peuvent bloquer la digestion et ne sont donc pas très recommandés.
Éviter surtout les « multivitaminés », ces jus sont trop sucrés (le sucre appelle le sucre qui appelle le sucre et qui, à force peut léser la Rate et le pancréas, créant une tendance aux crises d’hypoglycémie et une fatigue chronique), trop acides, trop agressifs pour l’estomac le matin à jeun.
Les mélanges lait et jus d’orange, comme d’ailleurs le café au lait ou même le thé au lait sont très indigestes et ces cocktails courants chez nous défient toute logique digestive.
Il faut croire que nos « anciens » avaient de solides estomacs pour supporter les grosses tartines de beurres trempées dans le café au lait agrémenté de quelques morceaux de sucre bien blanc…
Le solide :chaud aussi !
L’organisme va vivre jusqu’au déjeuner sur l’énergie fabriquée et mise en réserve lors du dîner de la veille. Il faut environ 12 h pour digérer complètement un repas. Le petit-déjeuner est un repas comme les autres. Il se compose selon les régions et les familles :
De bouillie de riz (congee ou zhou), composée de riz longuement bouilli, servi crémeux avec son liquide de cuisson (et c’est fameux!)
De nouilles agrémentées d’ingrédients variés (légumes, viandes, crevettes…).
De brioches cuites à la vapeur (baozi), nature ou farcies de viandes ou de légumes (un délice !!).
De raviolis (hundun) farcis et cuits dans un bouillon.
De crêpes à l’œuf (dan bing), sortes de pancakes un œuf cassé dessus et une garniture (oignon vert haché, herbes aromatiques, sauce…).
D’œufs durs recuits dans de la sauce soja mélangée avec des feuilles de thé - ce qui leur donne une couleur étonnante et un peu bizarre à nos yeux d’Occidentaux.
De longs beignets de pâte frite (you tiao) ….
Bref, de nombreuses possibilités !
On peut même en fait accommoder les restes de la veille – un grand classique en Chine et… en Europe il n’y a pas si longtemps...
Si nous pensons bien faire en ingurgitant un grand bol de céréales crues arrosées de lait ou de jus de fruit, nous ne ménageons pas notre estomac avec ces recettes : car les céréales crues sont indigestes et le mélange de céréales n’est pas top non plus… Je ne parle même pas des céréales industrielles soufflées, chocolatées, allégées parfois en sucres et souvent bourrées d’aspartame et de parfums artificiels… entre autres…
L’évolution :
Les jeunes générations chinoises bien sûr sortent des sentiers battus et se rapprochent de nous, ils ajoutent couramment à ce petit-déjeuner… des yaourts et du lait de vache !
En effet, à partir la fin des années 1970, l’ouverture économique sans précédent de la République Populaire de Chine a fait du pays une grande puissance industrielle. L’industrie laitière a connu un essor exceptionnel en même temps que se développaient considérablement la demande et la consommation de produits laitiers.
Que manger alors au petit-déjeuner ?
Nous ne vivons pas en Chine et ne sommes pas obligés de faire pareil, mais quelques idées sont à retenir :
Une tasse d’eau chaude permet de réchauffer le bol alimentaire et prépare le terrain digestif et les intestins. Les jus de fruits, surtout sortant du frigo, ne sont pas terribles, on peut oublier…
Privilégiez les céréales, pain complet, galettes de riz, « pain des fleurs »…Vous pouvez aussi expérimenter le porridge d’avoine chaud, que nos amis scandinaves et britanniques connaissent bien ou bien opter pour la version traditionnelle chinoise, le gruau de riz (on peut en préparer pour plusieurs jours et varier les accompagnements…)
Porridge:
Ingrédients (par personne) : 1 verre d’eau, 4 cuillères à soupe de flocons d’avoine (mais cela pourrait aussi être des flocons de riz, d’orge, de sarrasin par contre on ne les mélange pas ensemble !), on peut y mettre un peu de sel ou de sucre, ou rien du tout (tout aussi bon d’ailleurs sucré que simplement salé !).
Faire bouillir l’eau, verser les flocons de céréales en pluie. Cuire à feu doux en remuant, 3 à 5 minutes. Laisser gonfler hors du feu 2 minutes.
Gruau de riz:
Préparation et cuisson : minimum 1 heure (on comprend donc qu’il vaut mieux le préparer la veille et pour plusieurs jours à moins d’être insomniaque… ou méditant du matin - très tôt ?)
Ingrédients (pour 4) : 1 tasse de riz blanc (riz thaï demi complet dirait Xiao Long qui adore son parfum dans la cuisine …) 8 à 10 tasses d’eau (en fonction de la consistance que vous préférerez avoir, plus ou moins liquide).
Verser le riz dans l’eau froide. Le rincer plusieurs fois. Le faire d’abord bouillir 1 minute, puis baisser le feu, pour le faire cuire à petit feu au moins 45 minutes.
NB : On peut bien sûr utiliser d’autres types de riz, complets ou semi-complets, riz noir, riz sauvage, riz glutineux (excellent ! le « sticky rice », Xiao Long s’en pourlèche les babines)!. Ce qui le rend très digeste et assimilable facilement, voire thérapeutique c’est le fait que le riz soit cuit très longtemps, de ce fait très doux pour la Rate. Pareil version salée ou sucrée possible… à accompagner ou non de, sauce de soja, pâte miso, épices, gingembre, légumes…
Finalement de nombreux pays proposent un petit déjeuner-repas dans cette idée :
Au Vietnam, on ne commence pas sa journée sans avoir pris une soupe Pho (prononcez « Feu »), bouillon cuit plusieurs heures aromatisé à l’anis étoilée, cannelle, gingembre et oignons , agrémenté de nouilles de riz, d’herbes, de soja frais et de tranches de porc, parfois aussi de boulettes de boeuf épicées.
En Corée, le petit déjeuner c’est riz, légumes, bouillon épicé à la viande et au tofu et très souvent du kimchi (chou fermenté).
En Thaïlande, on trouve aussi souvent un bouillon de riz, légumes et porc (ou poulet)…
Bref, peu de sucré et des épices souvent là justement pour aider à la digestion.
Bon, alors ? On commence demain ?
Xiao Long espère ne pas vous avoir coupé l’appétit avec toutes ces comparaisons !!!! Il doit arrêter d’écrire car il est l’heure pour les Petits Dragons d’aller faire cuire leur gruau de riz…
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A lire éventuellement pour en savoir plus :
. Philippe Sionneau « Ces aliments qui nous soignent » et « Diététique du Tao »
"Soleil et lune peuvent être voilés, jamais le ciel ne change.
Les hauts monts peuvent être cachés, la terre demeure la même".
Quelques personnages très particuliers interviennent dans l’histoire de la Chine, et certains valent vraiment le détour :
Ce général britannique, Charles George Gordon (1833 – 1885), a eu nombre de surnoms : Chinese Gordon (Gordon le Chinois), Gordon Pasha, et Gordon of Khartoum (Gordon de Khartoum). Voilà qui résume une carrière hors normes.
Pour ce qui nous concerne, nous nous arrêterons à Chinese Gordon !
Il servit donc dans la campagne de Chine de 1860: un peu d’histoire… (Cette période est très agitée et riche en évènements, ce n’est qu’un aperçu… sinon, tout le monde va aller boire un café sans connaître la fin de l’histoire )
La révolte des Taiping est un soulèvement violent, un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire. Entre 1851 et 1864 cette révolte a frappé la dynastie Qing qui mit près de quinze ans à en venir à bout.
Les rebelles avaient fondé en Chine du Sud et en Chine centrale, le Tàipíng Tiān Guó ou « royaume céleste de la Grande Paix « 太平天国 ».
Le fondateur du mouvement est Hong Xiuquan (1814-1864), celui-ci, persuadé d’être le frère cadet de Jésus, se proclame « Empereur du Ciel » et conteste le pouvoir de l'empereur Xianfeng (1831-1861).
Il promulgue une réforme agraire, il refuse la polygamie, se prononce pour l'égalité des sexes, mais avec une stricte séparation entre les hommes et les femmes ( ? curieuse égalité), la coutume du bandage des pieds des femmes doit être bannie (une bonne chose ! ces « pieds en lotus » étaient une vraie torture), il refuse les mariages arrangés, les jeux d'argent, l'esclavage, la torture, la prostitution, la propriété foncière privée … Prêchant ces idées, il rencontre un franc succès et finalement ses disciples optent pour la révolte.
Les Taiping veulent renverser la dynastie mandchoue. Ils prennent Nanjin, l'ancienne capitale de la dynastie Ming, dont ils font la capitale du « Royaume Céleste de la Grande Paix » et livrent de nombreux combats. Le gouvernement Qing a bien du mal à faire face, d’autres révoltes se déclarant en parallèle, devant puiser dans des réserves de plus en plus réduites en hommes comme en argent.
C’est ici qu'entre en scène Chinese Gordon :
L'armée de Chinese Gordon est surnommée « l'Armée toujours victorieuse ». Il succède à Frederick Townsend Ward. Marin, flibustier, mercenaire , soldat de fortune, cet Américain était à la tête de cette unité qui, à l’origine , est une troupe de 5 000 combattants occidentaux et chinois, encadrés et entraînés à l'occidentale par des volontaires européens et américains… le tout financé par les négociants de Shanghai menacée.
C’est avec l'assentiment de son gouvernement que Charles Gordon entre au service de l'Empire Qing pour combattre les Taiping. Il va reprendre aux insurgés Suzhou et Wankin.
... … Finalement la dynastie mandchoue qui semblait perdue peut souffler !
En tant que capitaine dans les Royal Engineers, Gordon a été obligé de participer à l'incendie du Palais d’Été de Pékin en 1860 et cette destruction a été ressentie comme une réelle épreuve. Il écrivit à ce sujet : « C'était un travail misérablement démoralisant pour une armée. »
Les unités françaises et britanniques font des ravages, les pillages vont bon train, des Chinois aussi apportent leur contribution.
Il faudra 3 500 soldats britanniques pour mettre le feu à l'ensemble du site. Le Palais d'Été brûlera trois jours durant...
En 1863, Gordon rentre au Royaume-Uni, malgré les offres des Chinois. Son surnom cependant, le « Chinois », lui restera.
"Dans les eaux profondes
les crevettes se moquent des dragons."
Xiao Long ne cesse de vous dire que la Chine est une mine d’inventions diverses, la poudre, la boussole, le gouvernail, le papier, la brouette ! Et j’en passe…
Il semblerait que la choucroute ne soit pas si alsacienne que ça…
Même si son nom vient de l’alsacien surkrut (Sauerkraut en allemand), littéralement « chou acide »… son « invention remonte à … longtemps !
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C ‘est vers l'an 533-544 que l’on trouve la première mention de la choucroute chinoise , et ce, dans le livre de "齐民要术 - Qí mín yào shù – ce qui signifie « Principales techniques pour le bien-être du peuple »
On y raconte que la choucroute chinoise était consommée à cette époque dans les régions du Hebei, du Henan, du Shanxi, du Shaanxi, du Gansu, du Ningxia et en Mongolie intérieure. Si on regarde sur la carte de Chine, on remarque que toutes ces régions se situent le long de la Grande Muraille. Est-ce une coïncidence ?
Peut-être pas, car une légende dit que les ouvriers qui travaillaient pour la construction de la Grande Muraille consommaient beaucoup de choucroute pour garder la forme et se réchauffer (faute d’épinards sans doute ? ou faute de merles ?). Il faut avouer que dans ces contrées isolées et arides, il ne devait pas y avoir grand-chose à se mettre sous la dent ! Et pour empêcher l'invasion des Huns, la construction de la Grande Muraille était une nécessité.
Le chou nous viendrait donc de Chine, d'où il aurait été rapporté par Attila et ses Huns qui l'auraient découvert, en même temps que sa méthode de conservation par la saumure, lorsqu'ils se sont heurtés à la Grande Muraille. Puis, après leur échec chinois, les Huns sont partis à la conquête de l'Ouest (d’autres l’ont fait aussi après eux, mais pas dans cet azimut…) et ont traversé la Bavière et l'Autriche avant d'atteindre l'Alsace en 451.
Dans ces régions, la lacto-fermentation était déjà utilisée pour la conservation de légumes comme le navet.
La choucroute reste aujourd’hui encore le principal plat de la province du Heilongjiang dans l’extrême Nord-Est de la Chine. Et puisque nous allons à petits pas vers la froidure et pour le cas où vous auriez une muraille à construire, voici la recette…
1 kg de choucroute chinoise (appelé chou chinois ou pe-tsaï ou bai cai, ou chou de Pékin ) ou de choucroute alsacienne pour rester traditionnel…
100 g de vermicelles de fécule de patate douce
2 oignons nouveaux
3 tranches de gingembre
2 c. à café de sauce de soja noire
1 c. à soupe d'huile végétale
🥘
On va laisser tremper les vermicelles de patate douce dans l'eau chaude pendant au moins 30 min. Puis on les précuit en les plongeant dans l'eau bouillante pendant 10 min avant de les passer sous l'eau froide et d’égoutter.
On lave et on coupe la choucroute (la Chinoise est en feuille) en lamelles. On hache l’oignon et le gingembre que l’on fait revenir (Ah ? ils étaient partis ?... je sais… un peu facile😏…) dans un wok.
On ajoute la choucroute, on fait sauter 2minutes, on ajoute la sauce soja, les vermicelles on ajoute un peu d’eau chaude et on laisse mijoter 2 ou 3 minutes.
On peut y adjoindre un peu de lard ou des travers de porc comme on le fait dans le nord de la Chine.
Et voilà, on sert, on digère et on va chercher les cailloux !
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NB : Le Baechu gimchi, un plat de choux fermenté pimenté, de la Corée voisine, et ses variantes appelés plus généralement kimchi, sont aussi très connus et réchauffent tout autant.
" On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère."
🐫 🐫
On parle beaucoup de nos pieds en général, de leur ancrage, de leur direction, de leur écartement…. Mais à l’autre bout, il y a… la tête. Sa position, son mouvement , le champs de vision que ses mouvements nous permettent sont tout aussi importants. Et puisque nous sommes en haut et qu’il fait partie du package, il ne faut pas oublier le regard.👀
La tête : Il faut imaginer que notre tête est rattachée au ciel par un fil, elle est droite, le menton légèrement rentré. Cette verticalité ne doit pas pour autant être obtenue par de la raideur : c’est un étirement doux.
L’être humain devait autrefois non seulement repérer les obstacles proches qui auraient pu entraver son cheminement, mais devait aussi avoir une vision plus lointaine, afin d’anticiper les dangers qui pouvaient se présenter.
Ce regard porté au loin n’est plus une nécessité depuis longtemps et nous avons curieusement, et fâcheusement, tendance à regarder nos pieds plutôt que de regarder l’horizon.
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans notre pratique, il semble que les yeux se portent naturellement vers le bas. 👢👢
Veux-t-on par-là s’assurer que nos pieds sont toujours là et nous obéissent ? Sommes-nous si concentrés que nos yeux cherchent à voir notre intérieur ? Ou, au contraire, sommes-nous trop absents ?
Ce regard au ras du sol nous prive du monde environnant et nous n'avons qu'une perception étriquée de ce qui nous entoure!
Nous perdons notre axe et un peu de notre stabilité car notre tête est très lourde (avec tout ce qu'il y a à l'intérieur! pas étonnant!!!) Une tête pèse environ 5 kgs (cerveau, crâne, muscles, peau...). De plus préservons nos cervicales qui subissent d'autant plus de pression que nous piquons du nez.
Bref, puisque nous pratiquons un art -martial- interne , il serait plus utile de regarder devant soi et non vers le sol (ou bien serait-ce l’expression « foncer tête baissée » qui nous influence?).
⛅Notre tête s’étire vers le ciel, nous centre, nous axe et fait partie des éléments qui nous donnent notre force (tranquille).
La tête est mobile, elle accompagne les mouvements et donne de la vie aux techniques. Position de tête et regard sont liés.
Voir sans regarder :
Le regard embrasse tout, sans éparpillement, sans concentration particulière sur un objet. Le regard naturel voit tout, sans se fixer sur aucun détail. Le regard naturel est habituellement périphérique. Il est juste attentif.
Nous sommes conscients des déplacements autour de nous, nous prenons en compte les informations, mais nous ne focalisons pas notre attention dessus. Nous avons, par la même occasion, une meilleure perception de notre corps dans l'espace.
Cependant ce regard n'est pas vide. Il ne s'agit pas d'être focalisé sur notre intérieur au point que plus rien n'existe et que l'on ferme toutes les portes, tous les volets pour se replier entièrement sur soi.
Regard yin yang :
Le regard est dedans ET dehors, il est tourné vers l'extérieur ET vers l'intérieur. C'est un regard naturel, posé, le cœur et l’esprit sont calmes.
Mais le regard reste vigilant, concentré - mais d'une concentration légère – On visualise la finalité de la technique, il traduit une intention, une détermination mais sans agressivité !.
Le pratiquant est donc attentif. Il reste « ancré » dans le réel... et dans le sol.
Ce regard fait penser à celui du chat qui ne dort que d’un oeil ! L’animal est calme, relâché, paisible, mais son œil reste entrouvert et surveille les alentours…
Enfin, le regard et la position de tête déterminent l'axe du corps qui favorise une respiration plus large et correcte.
Bref, quand on pratique, même si on est bien, on ne s’endort pas en cours de route siouplé !
🥕
"Celui qui poursuit un cerf ne s'occupe pas des lapins".
C’est l’heure de refaire son sac de cours ! Les grands et les petits vont reprendre leurs activités…🎒
On me demande souvent ce que l’on doit avoir comme équipement pour pratiquer. En fait, pas grand-chose. Il faut juste bien choisir…
Puisque tout repose sur notre ancrage, commençons par les pieds !
C’est quoi, de bonnes chaussures ? Aaaah, vaste question.
Certains préfèrent les chaussures dites « de Tai ji quan » avec semelles en caoutchouc assez épaisses, mais relativement souples tout de même. Ces chaussures ont l’avantage d’être larges. On a une bonne base au sol. Le pied est bien maintenu.
D’autres préfèrent les chaussures dites "wushu », Petit Dragon les préfère, la semelle est très fine, le pied sent bien le sol, les verrouillages ou pivots collent souvent moins : rien de plus désagréable que de vouloir faire glisser son pied et d’avoir une semelle qui adhère au sol (souvent vinyle dans nos salles). L’inconvénient est que la semelle est souvent plus étroite et que l’on peut avoir l’impression d’être moins bien maintenu… Ces chaussures peuvent être en toile ou en cuir. Peu importe...
D’autres préfèrent les chaussures sans lacets, type « chaussons chinois » à la Bruce Lee. Elles sont légères et le pied est plus libre…
Il faut tester et trouver chaussure à son pied : il est très important d’être « bien dans ses pompes » (en général - et en particulier pour pratiquer sereinement!)
D’autres encore préfèrent pratiquer pieds nus, Xiao Long n’est pas fan , en tout cas pas en salle. Le sol est loin d’être nickel et il est souvent froid, surtout en hiver, ce qui énergétiquement parlant n’est pas terrible. D’ailleurs en Chine, il est rare de voir des pratiquants nus pieds, les chaussures souples à semelles fines sont utilisées et ne nuisent en rien à l’ancrage..
Cela peut-être une expérience intéressante en extérieur, sur le sable, sur l’herbe . Mais, plus au sens d’exercices proprioceptifs alors, un travail sur les sensations, l’ancrage… et puis ça donne un petit air new age …
Bref, être bien et sentir le sol sont les mots clés.
Et la tenue alors ?
Il faut être à l’aise là aussi, éviter les vêtements ajustés, serrés, qui gênent aux entournures. Le haut peut être un tee shirt, un sweat large. Le bas un pantalon large ( il vaut mieux être sûr que les coutures résistent aux endroits stratégiques! Le pantalon de tai ji quan « slim » n’existe pas...). Si vous pouvez vous accroupir sans entendre craquer la couture, c'est bon!!
Très souvent le pantalon est noir, le haut blanc ( chez Petit Dragon en tout cas). Lorsqu’on pratique en groupe, le visuel d’une tenue -relativement- homogène contribue à une certaine forme de bien-être. N’oublions pas qu’un des maîtres-mots de notre discipline est « harmonie », un méli-mélo de vêtements divers et multiples, (au pire joggings ramollis , leggings fluos ... si, si, j’en ai vu aussi) ne représente pas vraiment la notion d’harmonie… C’est l’opinion d’un Petit Dragon qui en a vu des vertes et des pas mûres au fil des années et qui défend l’idée que nous pratiquons une discipline qui mérite le respect. Pour la détente, il y a le canapé et pour le côté baba cool , il y a d’autres activités.
On peut aussi bien sûr opter pour une tenue chinoise officielle, prévue pour! (les coutures des pantalons des jolies tenues chinoises comme on en trouve dans le 13ème ne résistent pas toujours longtemps aux serpents , même ceux qui rampent à mi hauteur...)
L’important est d’avoir une tenue destinée à faire du Tai ji quan , on a des tenues de judo, de tennis , de ski… et de Tai ji quan. Enfiler sa tenue est aussi un symbole, une mise en condition, on passe du quotidien à la pratique, on change de sphère. C'est important de faire cette transition.
Donc, on peut sans se ruiner avoir une tenue correcte et confortable.
Le choix des armes : Pour les armes, si vous êtes un assidu et que vous vous entraînez longtemps , vous pouvez avoir une arme d’entraînement. Un sabre ou une épée d’entraînement sont plus légères et permettent de peaufiner un enchaînement sans risque de tendinite !
Cependant les sensations ne sont pas les mêmes et il ne faut pas s’y limiter. Il est donc important de bien choisir son arme, en fonction de sa taille et de sa force. Il existe des sabres et épées de longueurs différentes (ce qui évite aux plus petits de rayer le parquet ! Et aux plus grands de donner l’impression de manier un cure-dent…)
Il existe aussi des poids différents. Attention, certaines armes sont très belles mais aussi très lourdes et ne conviennent pas forcément à la pratique.
Vérifiez également que vous avez votre arme bien en main, il ne faut pas que la poignée soit trop large ou trop petite, vous devez pouvoir saisir fermement la poignée et contrôler votre lame sans fatiguer vos doigts ou vos poignets.
Dans le même ordre d’idée, pensez à vérifier le point d’équilibre de votre arme: s’il est proche de la garde, il sera facile d’exécuter vos techniques, si ce point tend vers l’avant, vous devrez faire plus d’effort et vous serez moins « léger » sur les mouvements de lame.
Et comme c’est la rentrée, profitez-en! Regardez si votre pompon d’épée a bonne mine . S'il se déplume, il est temps d’en changer. Pareil pour les foulards de sabre qui doivent, si possible, avoir l’air de foulards . Cela fait aussi partie du respect de la discipline et de cette idée d’harmonie.
🐶Pour les éventails, si le vôtre commence à ressembler à deux oreilles de cocker, il est temps d’en changer, ce sera plus agréable pour vous. Un éventail qui perd de son « pep » rend les techniques tristes ou s'ouvre pour un rien quand on ne le veut pas forcément…
A moins d’étudier un enchaînement particulier qui exige un éventail en métal, choisissez le bambou (moins lourd…).
Il y en a à tous les prix, évitez peut-être les moins chers ? Le bambou est souvent plus fin et moins résistant…
Pensez aussi qu’il y a deux tailles d’éventails, certains plus longs que les autres, prenez celui qui convient à votre bras ( ouvert, il doit atteindre la pliure du coude) et à votre goût. Le plus souvent un éventail mesure 32/33 cm fermé. Il peut atteindre 37 cm.
Enfin, le bâton. Pour être à l’aise, choisissez la taille qui va bien avec votre enchaînement, on ne peut pas faire un enchaînement de bâton long avec un ... trop court… l’inverse est vrai… et vice et versa (c’est bon, tout le monde a suivi?)
Un bois souple ou du rotin vont bien. Évitez le manche à balai sauf cas de force majeure ou économie drastique… (manque de ressort garanti!)
Bon, je crois qu’on a fait le tour, il n’y a plus qu’à faire votre sac, n’oubliez pas d’y mettre votre bonne humeur, votre enthousiasme et votre patience…
Ce blog est a but non commercial, non lucratif. Il délivre des informations et des commentaires techniques et culturels pour les pratiquants de Tai Ji Quan et de Qi Gong ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent à la culture asiatique.
Si vous voulez pratiquer le Tai Ji Quan ou le Qi Gong, allez sur le site de l'association Feng yu Long où vous trouverez toutes les informations nécessaires.
https://www.taijiqigongevreux.com/
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